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Utilisé aussi bien en intérieur qu'en extérieur, l'enduit à la chaux est une technique traditionnelle. On l'utilisait pour blanchir les murs. On en distingue deux catégories : le badigeon et l'enduit de chaux.

Le badigeon

Créé par recette avec un mélange à parts égales d'eau et de chaux, le badigeon est appliqué avec une brosse sur une surface mouillée avec un vaporisateur. Cet enduit est à réserver à la décoration intérieure car il n'est pas très résistant au temps.

L'enduit de chaux

À l'extérieur, un enduit à la chaux pourra remplacer un traditionnel crépi ou un portier. La nature du mur doit être prise en compte pour la préparation de l'enduit à la chaux. On pourra utiliser de la chaux aérienne ou, plus généralement, de la chaux hydraulique.

Chaux aérienne

La chaux aérienne est plus difficile à travailler. Elle peut mettre des mois à sécher selon l'humidité des lieux. La chaux aérienne est très riche en calcaire et sèche au contact du gaz carbonique, donc de l'air. Elle s'applique avec des techniques d'humidification du support qui ne sont pas à la portée de tous les bricoleurs. Elle demande une maitrise rigoureuse de la part de l'artisan et n'est conseillée que dans de rares cas (voir ci-dessous).

Chaux hydraulique

La chaux hydraulique est celle généralement utilisée pour la préparation de l'enduit de recette. Elle est liée par le contact de l'eau et a de bonnes propriétés hydrofuges tout en laissant respirer le mur. Pour l'enduit extérieur, on utilise généralement de la chaux dite NHL 3.5 ou 5.

L'enduit à la chaux se passe généralement en trois couches. La première couche – qui n'est pas toujours obligatoire - d'environ 5 mm d'épaisseur, appelée gobetis, permet l'adhérence de l'enduit sur le support. Après deux jours de séchage minimum, on réhumidifie le mur avant de passer la seconde couche le lendemain. Cette deuxième couche est appelée le corps d'enduit. Cette couche fait environ 15 à 20 mm. Elle est appliquée en deux passes ou plus. Elle sert à imperméabiliser le support et à l'égaliser. On la dresse à la règle. L'enduit est serré à la taloche mais sans talocher car il doit rester rugueux pour la prochaine couche qui sera appliquée après 7 à 9 jours de séchage minimum.

Également appliquée en une ou plusieurs passes, cette couche donnera l'effet final et protègera le corps d'enduit. L'enduit pourra être teinté dans la masse, taloché, projeté... Tout dépend de l'esthétique recherché.

Préparer un enduit à la chaux

Les proportions varient selon la technique d'application et la matière sur laquelle l'enduit va être appliqué. Bien sûr, on peut trouver des références mais, comme pour les cuisiniers, les artisans ont leurs recettes. Chaque couche d'enduit utilise des recettes différentes.
La couche d'accrochage se compose d'environ 1 volume de chaux pour 2 volumes de sable mélangés à l'eau dont les quantités nécessaires sont indiquées sur le sac de chaux.
Le corps de l'enduit est composé de 3 à 5 volumes de sable pour 1 volume de chaux.

Supports anciens

Par le terme "supports anciens" je désigne ici les murs hourdés sans ciment. Construits en briques, pierres froides, galets ou pierres de tout-venants, les joints de ces murs sont souvent friables, sensibles à l'humidité. Ces joints sont souvent composés de terre, quelquefois de sable et de chaux.

Un enduit de recette à la chaux, sans ciment (bâtard) ni résine convient très bien à ces vieilles bâtisses. L'enduit à la chaux protège les joints de l'humidité sans les étouffer. Un artisan maitrisant un travail de restauration de l'ancien préfèrera généralement un enduit à la chaux aérienne pour le respect de l'ancien, ou bien une chaux NHL 2.
J'insiste sur l'absence de ciment dans l'enduit, c'est important. L'enduit serait plus dur et étanche que le matériau à protéger et devrait donc être piqué pour ne pas abîmer le support d'origine.

Les enduits industriels prêts à l'emploi sont rarement adaptés à un mur ancien. Les quelques-uns qui conviennent sont bien plus coûteux.